A tout Atout

Exposition : "La Terre aprivoisée"

Hommage à Céramique 14

14 Céramistes par touches contrastées présentent un des plus beaux ensembles de céramique d’art contemporaine comme témoignage de leur fidélité au Salon « Céramique 14 Paris ».

L’objet est au centre du rêve, de la recherche de liberté en apprivoisant la connaissance de la matière, de ses accidents, presque comme si la nature elle-même lui avait donné naissance. Leur identité se révèle derrière chaque détails, d’écriture, de forme sans se laisser enfermer par le fonctionnel qui piége si souvent nos créateurs, ni par le regard réducteur des autres. Ils nous imposent le silence de la réflexion, l’évolution d’un médium sous forme d’art majeur.

Notre lauréate du salon « céramique 14 Paris », Elisabeth Brillet, nous renvoie à la poésie d’Edmond Jabès qui est à l’origine de toutes ces formes construites autour du vide, du rien. Les calices de Laurence Crespin nous emportent là où l’on voudrait boire l’élixir de vie. La vision organique de Gabrielle Baëcile explore les fonds marins où se reposent des coraux qui se confondent dans notre imaginaire. Nathalie Domingo nous offre ses anémones légères qui semblent bouger sous notre regard. Il est de ces sujets plus sérieux que nous impose Annie Laporte à travers sa sculpture si difficile à apprivoiser. Nathalie Clément cherche la protection sous la bienveillance de ses Chamanes et fut sélectionnée par un collectionneur Canadien pour en réaliser un, de façon monumentale. La rareté, la beauté et la rigueur n’a pas de prix, Tjok Dessauvage, connu internationalement, est un maître en la matière. Il nous appartient d’avoir un mot pour chacun d’eux. Une seule de leurs oeuvres est la mémoire collective de chacun d’entre nous. Elles sont de celles que l’on voudrait s’accaparer tant elles vous font revivre des tranches de vie, de plaisir et d’humour et même parfois des tragédies dont on ne parle jamais, Luisa Maisel en témoigne. Isabelle Mouedeb absorbe la terre comme nos ancêtres auraient pu le faire avec le sens primitif de la matière et du signe. Les « conques » de Laure Sulger-Libessart surlignent leurs rondeurs par de petits textes hérités d’un certain surréalisme. Les grès tournés de Martine Sirot laissent apparaître sur ses cylindres comme les premiers signes de l’écriture sumérienne et de son imprimerie. Enfin, Alice Riehl revendique au travers de ses porcelaines un maniérisme végétal, et l’écume des vagues de Sandrine Tonnelier oblige notre imagination à s’y glisser subrepticement. Pour finir, les sculptures de Nicole Barth, d’un argile en perpétuelle transformation, et ses bijoux en porcelaine textile devraient inspirer bien de nos plus talentueux créateurs de mode.